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  • Adeline

C’était un lundi 15

C’était lundi 15 avec ma copine, d’infortune, nommée Ninon.

D’infortune certes, mais copine et amie aussi. Viendrez-vous avec moi, ce peut être amusant, vous verrez, et pourriez m’en parler si vous le désirez.

Tout a commencé, ce lundi 15 Novembre. Rien de spécial, au programme de ce lundi mise à part mon rendez-vous à 17h (pile) avec professeur Jane, cours et amélioration de mon anglais nécessaire.

Comme toujours, je faisais ma petite balade quotidienne afin de pouvoir bavarder avec un agent de la sécurité, fraichement arrivé.

Il est 15h et j’arrive dans l’entrée de la résidence où pour entamer la conversation et se détendre, je lui demande s’il pourrait m’ouvrir ma boite aux lettres.

Bien sûr, Madame Adeline, répond-il, d’une voix plutôt charmante et assez entraînante.

Il était 15h08, et nous changions de sujet avec l’élection américaine, .,.. alors que d’un coup et d’un seule dans une marchette style Westmount, car bien embourgeoisée, Ninon a effectué son entrée dans la résidence. Bien masquée, elle est arrivée. Rapidement, elle m’offre une crêpe à déguster, en disant simplement : j’ai bien entendu que tu es née en France. Tout le monde sait, que vous n’arrêtez pas de manger et restés tout minces. C’est comme si, nous, les québécois, on grossit pour vous.

J’ai d’autres choses à te donner.

Ok, chère Ninon, viens à 21h.

Effectivement, elle est venue chargée de crevettes et de biscuits aux chocolats qui eux étaient plus style Terrebonne et pas aussi savoureux et délicats que ceux de Westmount.

En fait, le bruit de ses pas émit à chaque fois que Ninon les déposaient sur le sol du couloir de la résidence m’angoissait de plus en plus.

Elle s’approchait et a frappé brutalement à ma porte, Ninon est arrivée en respirant rapidement et avec l’allure d’une joggeuse faisant son petit jogging.

J’ouvre la porte, bien installée dans mon canapé, elle traverse à fond le train mon appartement, tel un lapin fougueux, sans me regarder.

En s’arrêtant, elle me dit, encore essoufflée : où devrais mettre mes crevettes tout juste préparées, encore chaudes pour toi?

Mais dans mon gosier, chère Ninon.

Elle explose de rire en me tendant un petit sac plein de crevettes. Et ici, me dit-elle, tu auras quelques crêpes au chocolat.

Sur mon bureau, Ninon voit une lettre alors que je lui dis : c’est à destination de Westmount. Trois livres étaient à l’intérieur, il y avait une erreur à l’intérieur. Alors Ninon, m’a dit bien gentiment, je vais aller chercher du blanc correcteur, au dépanneur. Et hop, à peine avais-je tourné la tête qu’elle avait disparu.

Elle me crie dans le couloir, si tu veux quelque chose, textes moi, et à tantôt.

Elle ne revient pas avant 23h, munie du fameux blanc correcteur et est resté chez moi, jusqu’à 2h. Que c’était bon et sympathique.

Simplement à se concentrer pour effacer proprement et discrètement la rature.

C’était un lundi et cette nouvelle rencontre m’a permis d’accroître ma tolérance.

Nous étions si différentes à la base : moi qui aime manger en tout temps alors qu’elle est obligée de suivre une dette sévère. Évidemment, elle est québécoise, bien banal, elle aime la campagne et déteste Montréal. Alors que la jeune parisienne que je suis a aimé Paris si fort qu’elle a senti qu’il fallait le quitter au moment, où je suis tombée en amour avec Montréal.

J’aime rire souvent et prier tout autant et crier à chacun que je suis protestante alors que Ninon m’a confié qu’elle était catholique et aimait prier discrètement et silencieusement, de temps en temps.

C’était donc dans la grâce, le bonheur et la tolérance, d’acceptation des autres, que notre rencontre a pu se produire. Durant cette soirée, aucune critique et racisme, ne fut permise.

Nous nous efforcions de conserver l'unité de l'esprit par le lien de la paix, comme il est écrit dans Éphésiens 4 verset 3. Ça nous a donné, un vrai sentiment gracieux et harmonieux, propre à la résidence des Armandiers de Terrebonne, j’en conviens.




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